
Pourquoi les heatmaps classiques posent la question du consentement
Un outil comme Hotjar ou Microsoft Clarity installe un script sur tes pages et enregistre les clics, le défilement et parfois des sessions entières. Ces données concernent des personnes identifiables par leur navigateur, ce qui relève des règles sur les traceurs.
La CNIL n'exempte de consentement que les outils de mesure d'audience qui respectent des conditions strictes : une finalité « strictement limitée à la seule mesure de l'audience », des « données statistiques anonymes uniquement », aucun recoupement avec d'autres traitements et aucun identifiant partagé entre plusieurs sites. Elle recommande aussi de limiter la durée de vie des traceurs et la conservation des données, et précise que l'auto-évaluation d'un prestataire ne l'engage pas lors d'un contrôle. Un enregistrement de sessions ou une carte de clics détaillée dépasse vite ce cadre. Vérifie la situation de ton outil avec sa documentation et, si besoin, un conseil juridique.
À consulter : CNIL : outils de mesure d'audience exemptés de consentement
Ce qu'une heatmap prédite ne fait pas
Heatpoints calcule une carte à partir d'une image : une capture, une maquette exportée ou l'onglet que tu regardes dans Chrome. Rien n'est installé sur ton site, aucun visiteur n'est observé, aucun cookie n'est déposé chez eux. La question du consentement des visiteurs ne se pose donc pas, parce qu'il n'y a pas de visiteurs dans l'opération.
La contrepartie est claire : la carte est une prédiction du modèle, pas une mesure de ce que tes visiteurs ont fait. Le tableau résume ce que chaque famille d'outils implique.
| Question | Heatmap comportementale | Heatmap prédite |
|---|---|---|
| Script à installer sur le site | Oui | Non |
| Données de visiteurs traitées | Oui : clics, défilement, parfois sessions | Aucune : le modèle ne voit qu'une image |
| Consentement des visiteurs | À évaluer selon l'outil et l'usage | Sans objet, aucun visiteur observé |
| Ce que mesure la carte | Ce que des visiteurs ont fait | Ce qui est susceptible d'attirer le regard |
| Fonctionne avant la mise en ligne | Non | Oui, sur une capture ou une maquette |
| Données envoyées à l'éditeur de l'outil | Les événements des visiteurs | L'image que tu déposes |
Ce qui est quand même traité
Les images déposées et les captures de l'extension Chrome sont envoyées au serveur de Heatpoints pour calculer la prédiction. Avec un compte, la bibliothèque conserve au maximum les douze analyses les plus récentes, et une analyse peut être supprimée depuis le compte. Le site Heatpoints lui-même utilise une mesure d'usage interne, décrite dans sa politique de confidentialité.
Une capture peut contenir des données personnelles : un nom dans une maquette, une adresse dans une page de compte, un message dans une boîte de réception affichée derrière une connexion. C'est toi qui décides de ce que tu déposes. Ne dépose pas de contenu confidentiel dans un outil dont les conditions de stockage ne correspondent pas à ton besoin, et floute ce qui n'a pas besoin d'être là avant la capture.
À consulter : Politique de confidentialité · Sécurité et traitement des images
Un exemple : relire une page de préproduction
Prenons une page qui n'est pas encore en ligne. Aucun outil comportemental ne peut rien en dire, et y poser un script de suivi avant d'avoir réglé la bannière serait prendre le problème à l'envers. Une capture du premier écran passée dans le modèle donne une carte en quelques secondes, sans qu'aucune donnée de visiteur n'existe.
Sur la page fictive utilisée en démonstration sur ce site, cette relecture montre que le titre porte l'accent et que l'aperçu du produit reste froid. C'est une observation de visibilité, exploitable avant la mise en ligne. Elle ne dit rien de ce que les visiteurs feront, et c'est précisément ce qu'une mesure consentie viendra compléter plus tard.
À consulter : Relire une page avant sa mise en ligne
Quand utiliser l'une ou l'autre
Avant la mise en ligne, sur une maquette ou une page de préproduction, seule la prédiction a quelque chose à montrer. Sur une page en production, une carte comportementale, avec le consentement qui va avec, répond à des questions que la prédiction ne peut pas traiter : où les gens ont cliqué, jusqu'où ils ont défilé. Beaucoup d'équipes utilisent les deux, à des moments différents du même projet.
- Relis la hiérarchie sur une capture avant de publier.
- Compare une révision avec l'original, un changement à la fois.
- Une fois la page en ligne, mesure les comportements avec un outil déclaré et consenti.
- Ne déduis pas des clics d'une carte prédite, ni de l'attention d'une carte de clics.
Ce que cet article n'est pas
Ce n'est pas un avis juridique. Les conditions d'exemption de la CNIL évoluent, et chaque outil comportemental documente sa propre conformité. L'argument ici est plus simple : une prédiction calculée sur une image ne fait pas intervenir tes visiteurs, ce qui déplace la question plutôt qu'elle ne la résout. La question qui reste est celle des images que tu choisis de déposer.